Le Mouvement National contre la barbarie raciste, conçu au printemps 1941, jette les bases du Mouvement National Contre le Racisme, (MNCR), créé au cours de l’été 1942 à l’initiative de la section juive clandestine de la M.O.I. Le MNCR apporte, notamment, son aide à l’Union des Femmes Juives (UFJ), liée à « Solidarité », l’organisation clandestine d’entraide et de Résistance de la section juive. Le Mouvement dispose de nombreuses publications, entre autres, J’accuse au nord et Fraternité au sud. Dans son premier numéro, J’accuse porte en exergue cette citation de Zola : « Mon devoir est de parler, je ne veux pas être complice ».
Dès fin août/septembre 1942, « Solidarité » et le MNCR publient, ensemble, un document qui témoigne des prémices du génocide en dévoilant l’atrocité de ce « sombre jeudi » du 16 juillet 1942 au Vel’ d’Hiv. Les résistants juifs communistes sont les premiers à révéler, le 20 novembre 1942, que 11 000 Juifs déportés de France ont été gazés dès leur arrivée à Auschwitz. La presse clandestine de la Résistance reprendra cette information, en particulier la presse du MNCR à destination des universitaires.
Le MNCR souhaite amener la population française à manifester sa solidarité avec les Juifs. Il s’appuie essentiellement sur des Juifs communistes et des militants chrétiens. Pour le sauvetage des enfants juifs, le MNCR et la section juive de la M.O.I. conduisent des actions communes avec des organisations juives non-communistes, comme l’Œuvre de Secours aux Enfants, (OSE), le Comité Amelot, ou les Éclaireurs Israélites de France (EIF). Ils s’associent également avec le groupe formé autour de la publication clandestine Témoignage Chrétien. De son côté, la Women’s International Zionist Organization (WIZO) organise aussi des opérations de sauvetage.
L’Église catholique, dans son ensemble, soutient le régime de Vichy mais des curés et des religieuses, insoumis ou compatissants, secourent des enfants juifs. Quelques ecclésiastiques de haut rang s’insurgent publiquement contre les mesures anti-juives du pouvoir en place. À la mi-août 1942, Charles Lederman, résistant, co-fondateur du MNCR, est alors responsable, à Lyon, du bureau de l’Œuvre de Secours aux Enfants. Au nom de l’OSE et avec l’accord de la section juive de la M.O.I., dont il est l’un des dirigeants, Lederman rencontre Monseigneur Saliège, archevêque de Toulouse, et l’informe de la situation des Juifs dans les camps d’internement. Il lui révèle également les déportations dont les Juifs sont les victimes. Mgr. Saliège fait diffuser rapidement une pastorale en faveur des Juifs. Le texte est lu dans toutes les églises de son diocèse.
Contacté par des résistants, à l’initiative de Charles Lederman, Monseigneur Théas, évêque de Montauban, fait lire également dans son diocèse, une lettre pastorale appelant les chrétiens à soutenir leurs « frères juifs ».
Grâce au combat commun du MNCR et de la section juive de la M.O.I., et à l’intervention de Monseigneur Saliège, de l’abbé Glasberg et du père Pierre Chaillet, des couvents sont ouverts aux enfants. L’église réformée est présente aussi, notamment au Sud, dans la protection des persécutés ; des pasteurs protestants comme Marc Boegner ou André Trocmé sont nombreux à prendre en charge les enfants juifs.
1016 Juifs raflés dans la région, sont rassemblés en août 1942, dans le camp de Vénissieux près de Lyon. Le plus grand sauvetage d’enfants juifs entrepris en France pendant la Seconde Guerre mondiale s’organise alors. Grâce à une incroyable chaîne de sauveteurs juifs et non juifs (OSE, EIF, UFJ, l’Amitié Chrétienne, la Cimade, le Service social des étrangers (SE), les Traminots de Lyon…) les 108 enfants du camp seront tous sauvés.
Les organisations de Résistance de la zone sud liées à la section clandestine juive de la M.O.I., soutiennent ces actions et y participent.