À partir de mars 1942, les Allemands organisent trois mascarades de procès à grand spectacle et condamnent à mort 50 militants des Bataillons de la jeunesse et des groupes OS, 16 seront déportés.
Dans le même temps, les nazis et leurs collaborateurs français poursuivent leur politique d’exécutions d’otages et d’extermination des Juifs, mais la Résistance à l’ennemi se renforce.
Pour une plus grande efficacité de la riposte, et après les 2 premières parodies de procès, le Parti communiste français unifie les trois organisations qui sont sous sa direction : l’Organisation spéciale (OS), les Bataillons de la jeunesse et les groupes de la Main-d’œuvre immigrée (groupes M.O.I.).
La fusion de ces organisations donne naissance à une formation unique en avril 1942, les Francs-Tireurs et Partisans français FTPF ou FTP. Cette force de Résistance armée très structurée est immédiatement opérationnelle. Elle s’ouvre aux non-communistes mais reste sous l’autorité du Parti.
Très rapidement, des groupes de Francs-tireurs et partisans M.O.I., se mettent en place à Paris sous la direction militaire de Boris Holban. Menacés dans leur existence et guidés par leur désir de libérer la France du nazisme, les combattants juifs sont amenés à accomplir très tôt des actes de Résistance.
Les groupes FTP-M.O.I. sont composés à partir des groupes OS très actifs de la M.O.I. Ils forment 4 détachements principaux. Les Juifs roumains sont majoritaires dans le premier détachement. Le deuxième, dit « détachement juif », est composé essentiellement de Juifs polonais. Le troisième détachement regroupe majoritairement des Italiens, et le quatrième, mixte, va se spécialiser, au fil des mois, dans les déraillements de convois militaires allemands.
La férocité des représailles n’entame pas la détermination des combattants. Parmi les résistants FTP-M.O.I., nombreux sont les anciens des Brigades Internationales rompus au maniement des armes en Espagne et à la clandestinité dans leurs pays d’origine.
À leurs côtés, de très jeunes résistants se portent volontaires. Henri Krasucki, l’un des responsables du groupe des jeunes communistes juifs, est chargé de choisir les 10 % d’entre eux qui intègreront les FTP-M.O.I.
En avril 1942, deux partisans sont tués par un engin explosif qu’ils se préparent à tester. L’enquête de police conduit à l’arrestation puis à l’exécution, après torture, de nombreux cadres de la section juive clandestine de la M.O.I.
Il n’est pas toujours facile de se procurer des armes mais les actions des FTP-M.O.I., dont des grenadages de troupes ennemies, sont nombreuses dès 1942 : incendies de garages et de fabriques aux mains des Allemands, dévastation d’un hôtel investi par l’occupant…
Être FTP-M.O.I., c’est vivre en clandestin et se consacrer à plein temps à la lutte armée. Les FTP-M.O.I. sont traqués, sans relâche, par les nazis et leurs collaborateurs, à Paris, comme plus tard dans la France entière.