Le 19 août 1944, l’UJRE appelle au combat pour la libération du territoire. L’UJJ est particulièrement active.
Dans les dernières batailles, la participation des combattants de la section juive de la M.O.I. aux soulèvements est notable.
C’est la déroute pour les troupes hitlériennes. À Lyon, 1000 Juifs, femmes et hommes participent à l’insurrection populaire de Villeurbanne. Ailleurs, des combats ont lieu à Marseille, à Toulouse, à Grenoble mais aussi à Nice, à Limoges, à Agen, à Pau, à Tarbes, à Roanne, à Clermont-Ferrand, à Blois… Des actions, menées dès décembre 1943 contre l’UGIF vont permettre de récupérer dans ses locaux, à Paris, Marseille et Lyon, les listes de recensement des Juifs établies à la demande de Vichy et de l’occupant pour faciliter les déportations.
À Paris, le colonel Henri Rol-Tanguy, résistant communiste, prépare et dirige l’insurrection entouré de son état-major. Pendant la « semaine glorieuse », du 19 au 24 août 1944, les résistants FTP-M.O.I. se battent sur les barricades, attaquent les détachements allemands et participent à la conquête et à la défense des positions stratégiques de la capitale. Le 23 août, l’UJRE lance un nouvel appel aux « Juifs parisiens » pour continuer la lutte.
L’engagement des résistants est déterminant dans la libération de Paris.
Le 25 août 1944, les républicains espagnols de la 9e compagnie sont en tête de la 2ème division blindée (2e DB), commandée par le général Leclerc, qui entre triomphalement dans la ville.
Le 28 octobre 1944, le, Gouvernement provisoire de la République française (GPRF), décide, avec l’accord du Parti communiste, de dissoudre les Milices patriotiques. Le GPRF met en place un ordre légal qui minore le rôle de la Résistance intérieure : l’armée régulière remplace l’armée insurrectionnelle.
Malgré la libération de Paris, la guerre se poursuit. Les résistants de la M.O.I., toutes nationalités confondues, décident de former un bataillon FFI intégré à l’armée régulière française.
Le 20 septembre 1944, Boris Holban prend le commandement du bataillon 51/22, composé de participants aux combats de la Libération, notamment de résistants FTP-M.O.I. Au sein de ce bataillon, l’UJJ, organisation désormais légale, invite les jeunes Juifs à former une compagnie, la compagnie Rayman. 160 jeunes répondent à l’appel et le nombre aurait pu être doublé si les jeunes filles avaient été autorisées à intégrer cette unité de combat.
La compagnie Rayman est censée se lancer à la poursuite des troupes occupantes en déroute mais elle est arrêtée dans son élan. Les autorités militaires se méfient des recrues issues de la Résistance et des regroupements par nationalités. Après avoir erré de caserne en caserne, le bataillon est finalement dissous et les combattants dispersés dans d’autres unités de l’armée régulière. Pour la plupart, ils seront maintenus dans les casernes et empêchés de combattre.