Le 1er septembre 1939, Hitler envahit la Pologne. En riposte, la France et le Royaume-Uni, qui ont signé des traités d’alliance avec la Pologne, déclarent la guerre à l’Allemagne. Dès les premiers jours, l’armée française lance une offensive limitée avant de se replier derrière la ligne Maginot (suite de fortifications édifiées par la France le long de ses frontières à l’est).
La drôle de guerre est la période de huit mois qui s’écoule entre le 3 septembre 1939 et l’offensive allemande du 10 mai 1940. Elle doit son nom à l’inaction des armées française et anglaise qui se contentent d’assister à l’écrasement de la Pologne.
Cette inaction aura des conséquences négatives sur le moral des soldats et permettra à l’Allemagne de consolider ses troupes.
Les causes de l’attentisme de la « drôle de guerre » sont diverses :
— Au plan stratégique, la crainte des nouveautés militaires offensives et la domination de conceptions héritées de la Première Guerre mondiale (guerre défensive).
— Sur le plan idéologique et politique, la persistance d’un esprit pacifiste « munichois » (le renoncement des démocraties face au fascisme triomphant), l’antisoviétisme (le soutien à la Finlande en guerre contre l’URSS) et l’anticommunisme de certains milieux dirigeants (« Plutôt Hitler que le Front populaire »).
Du 30 novembre 1939 au 13 mars 1940, la France et le Royaume-Uni soutiennent la Finlande, en guerre contre l’URSS, par l’envoi d’armements. Les Alliés débarquent en Norvège, à Narvik, pour priver l’Allemagne de son approvisionnement en minerai de fer. C’est la première victoire militaire des alliés contre l’Allemagne mais les nazis envahissent le Danemark et la Norvège le 9 avril, obligeant les troupes franco-polonaises à évacuer Narvik.
La « drôle de guerre » s’achève le 10 mai 1940 quand l’armée allemande (la Wehrmacht) passe à l’offensive générale à l’ouest contre les Pays-Bas, la Belgique, le Luxembourg et la France.
Références :
— Bloch Marc, 1940, éd. 1990, L’étrange défaite, Paris, Histoire Folio.
— Dorgelès Roland, 1957, La Drôle de guerre : 1939-1940, Paris, Albin Michel.
— Grenier Fernand (1969), Journal de la drôle de guerre : septembre 1939-juillet 1940. Paris, Éditions sociales.